Les règles ont changé

Ca fait 5 ans que les règles ont changé.

Je suis toujours aussi perdue.

Toujours l’esprit aussi embrouillé.

Plus de repères…

Le bilan pourrait s’arrêter là, car ça résume plutôt assez bien ma vie aujourd’hui… Sans Liah.

Un genre d’errance parmi vous.
Assez hasardeuse.

Poussée par une pulsion de vie, que je ressens parfois très fort…
Mais pas aussi fort que je ressens certaines pulsions de mort…
Comme quoi, c’est pas toujours le plus fort qui gagne…

Alors comment est ce qu’on joue à ce jeu de la vie ? Je ne m’en rappelle pas très bien…

Depuis 5 ans je ne me sens plus à ma place « ici ».
Je suis à moitié morte avec ma fille. Mais je suis à moitié vivante avec mon fils…
Gérer ce 50/50, c’est la chose la plus difficile à faire…

Et j’ai la sensation qu’il n’y a aucun choix qui s’offre à moi…
Quand on se sent « obligé » dans la vie, ça ne fonctionne pas très bien.
Il faut faire de cette obligation une envie… C’est possible ça ?

Quand un gosse déteste les épinards et qu’il les mange quand même, il le fait par obligation, pas par envie…

Je ne sais même pas toujours ce que je fais par obligation et ce que je fais par envie…
Est-ce que ça sert à quelque chose de le savoir ?
Ce qui est sûr c’est que je le ressens…

Il y a ce dont j’ai envie et qu’il m’ait impossible de faire ou d’avoir.
Tristesse et désespoir…

Il y a ce que je m’oblige à faire sans envie.
Tristesse et courage…

Il y a ce que je crois avoir envie et quand j’y suis… J’ai mal quand même…
Tristesse et culpabilité…

Ma vie est souvent triste. 5 ans et je n’ai toujours pas fait le deuil ? Et bien non. Clairement pas. Je crois que lorsqu’on perd son enfant, on a tout le reste de sa vie pour faire son deuil…

Et on vous emmerde si vous ne trouvez pas cela normal. Mais on ne le dit pas…

C’est une vie de deuil… Rien ne sera plus comme avant. Ni si brillant. Ni si coloré. Il faut l’accepter, ce que apparemment, pas besoin d’être psy pour le savoir, j’ai beaucoup de mal à faire. Cette notion de résilience, comme un gros mot, je n’y suis pas encore. En tout cas, pas tous les jours…

Je n’accepte pas. Je ne comprends pas. Je sais. Mais mon cœur ne peut l’entendre. C’est inacceptable, inadmissible, injuste, intolérable…

C’est la vie.

Cruelle et belle à la fois.

C’est ma vie.

Et à partir de là, il faut se trouver une route, même un chemin escarpé peut faire l’affaire… En l’occurrence pour moi, j’ai l’impression que j’évolue au bord d’une falaise avec le vide qui m’appelle. Toujours plus fort…

C’est irrationnel. Comme lorsque je suis au volant de ma voiture et que j’appréhende un virage… Que je sens que le bas-côté m’attire comme un aimant. Que je doive lutter pour rester sur la route… Irrationnel.

Irrationnel quand je pense que ma vie est terminée, que je ne pourrai plus jamais rien entreprendre. Que je n’en suis pas capable. Mais c’est ce que je ressens…

Irrationnel quand je pense que je suis une mauvaise mère, que mon fils serait mieux sans moi.

Je suis loin de l’équilibre des 3C, l’alignement entre mon cœur, mon cerveau et mon corps…

C’est comme si depuis 5 ans, ils s’étaient brouillés et ne se parlaient presque plus.

Ca m’ait arrivé avec tellement de personnes ces 5 dernières années…

Mon Cerveau sait des choses, il en invente d’autre… Mon Cœur ressent  parfois tant de douleur, que ça provoque un court circuit. Comme un plomb qui saute… Et ça fait du bien parfois. Le pilote automatique. L’effet anesthésiant que ça procure.

Je me retrouve souvent avec cette impression de bouillie dans le cerveau… Incapable de réfléchir correctement… Les neurones inextricablement emmêlés…

Et mon corps… Et bien il tient pas trop mal le coup pour l’instant… Pourvu que ça dure…

Alors avec tout ça, il faut que je continuer de jouer cette partie entamée il y a 35 ans…

Mon Jumanji à moi.

J’ai trouvé des compagnons de routes qui tolèrent mon état. Remarque, je le tolère bien moi la plupart du temps ! Mais jouons nous tous avec les mêmes règles ?!

Certains tirent leur carte chance très tôt… D’autres enchaînent les tuiles…

Certains ont une équipe fiable depuis le début de la partie. Moi, j’ai toujours dû jouer en solo…

On a beau mettre en place toutes les stratégies que l’on veut, on subit indubitablement les affres du facteur chance (ou malchance) et il faut faire avec…

Dans la vie, il n’y a pas de règles à suivre…

On fait comme on peut.

Parce que la vie, on en a qu’une et il ne faut pas la gâchée… Et comme j’ai plus ou moins « décidé » de continuer à la vivre, faut que ça pète. Faut que ça claque. Faut que je ressente. Fort. En couleur. Faut que ça bouge. Que mon cerveau n’ai jamais le temps de cogiter, de s’embrouiller. Il faut qu’il soit occupé…

L’ennui est mon plus grand ennemi…

Parce que la douleur est juste là. Et ça fait si mal quand elle est seule… Qu’elle prend le dessus. Qu’elle envahit tout.

Je ne peux pas la laisser faire…

Sinon c’est elle qui va gagner… C’est une question de survie. Je ne gagnerai pas la partie, alors peu importe que je triche ou non. Il faut juste que j’arrive jusqu’à la ligne d’arrivée… Tout est ok pour y parvenir.

Alors je continue à me battre, avec mes armes, pas selon vos règles, elles ne s’appliquent plus à moi. Et même si je suis fatiguée de ce jeu, il y a des bons moments… Il y en a même de très bons…

destin10

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