Croyances, religions et spiritualité…

Ces sujets sont très vastes et extrêmement personnels. Notre vision du monde dépend des chemins que nous avons emprunté, des personnes qui nous on inspiré, des épreuves que l’on a rencontré, de nos lectures et de tant bien d’autres choses. Et bien sûr, tout cela se respecte.

Nous avançons dans la vie et notre vision de celle-ci change, évolue. S’éclaire ou s’assombrit. Souvent  les deux à tour de rôle. On se découvre soi même chaque jour un peu plus. Ou alors on se cache, on se camoufle, on fuit… Pour des raisons diverses et variées. Qui toutes, se respectent.

On avance un pas après l’autre, même si c’est en marche arrière de peur de voir ce qui nous attend, vers la fin de notre vie.

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Et après ?

Voici une question, qui lorsque l’on a perdu un enfant, devient apparemment purement rhétorique. C’est en tout cas la forte sensation que j’en ai…

Alors oui, il est très rassurant, doux, joli, idéal, qu’un au-delà existe et que nos enfants se souviennent de nous et nous aime toujours et nous font des coucous.

Un millième de mon être l’espère. Follement. Le reste de mon être ne connait pas cet espoir. Cette illusion douloureuse de ce qui n’existe sans doute pas…  Je suis intimement persuadée que je ne serrerai plus jamais ma fille dans mes bras autrement que dans mes rêves. Et je ne sais même pas si ça se reproduira un jour dans un rêve…

J’ai un esprit plutôt cartésien. J’ai besoin de voir pour croire. Besoin d’avoir des preuves. Or croire, avoir la foi, c’est justement basé sur le fait de croire à quelque chose qui ne peut être prouvé. Remettre sa confiance sans « vérification » en une idée.

Je trouve cela très puissant d’avoir une croyance. Croire en quelque chose que l’on ne peut prouver. Mais qui pourtant nous porte en notre cœur. Cette foi peut être une alliée très forte pour le chemin de deuil. Mais cette foi ne peut se provoquer. On ne peut pas décider de se mettre à croire. Pour aucune raison que ce soit. Et on ne doit pas intervenir de force en s’imposant sur le chemin spirituel de quelqu’un d’autre, il faut se respecter.

D’autant plus sur les réseaux sociaux où on ne se connait qu’à peine. On ne connait pas le parcours de chacun, il faut être doux avec son prochain, surtout ceux qui ont souffert comme nous tous ici.

Pour moi, ce groupe est là pour nous aider sur notre chemin de deuil, pas pour basculer dans le paranormal. Ce groupe est là pour que nous prenions soin les uns des autres, pas pour nous juger entre nous.

Les formules telles que « sachez que votre enfant va bien, qu’il vous voit et veille sur vous » sont pour moi, à éviter. Cette formule rassurera seulement la personne qui a la même croyance que vous. Et encore… Elle peut ne pas apprécié que vous parliez au nom de son enfant dont vous ne savez rien…

Et pour quelqu’un qui ne croit pas, c’est très violent de s’entendre dire par un tiers ce que fait, voit et ressent notre enfant… En plus, ça n’a absolument aucun sens. AUCUN

Les personnes qui viennent avec des questions « paranormales » de type « est ce un signe ? » « Mon enfant se souvient il de moi ? » sont le plus souvent en grande détresse. Et PERSONNE sur ce groupe ne peut lui apporter une réponse fiable, sûre et sans équivoque. Par contre oui, on peut dire ce que l’on pense, mais on ne peut affirmer.

C’est certainement plus proche d’un problème de communication qu’autre chose.

On parle ici tout les jours des maladresses  que « les autres » ont à notre encontre. Mais sommes-nous conscient de nos maladresses personnelles à l’égard des autres ?! Et si nous commencions par cela ?

Car personne ne SAIT ce qu’est devenue ma Liah. Ni vos enfants. On peut avoir des théories, des espoirs, des idées, des convictions. Mais personne ne le sait et peut le prouver. Est elle lumière, nuage, atome dispersé dans l’atmosphère, cette rose qui vient d’éclore, ou tout à la fois… Nul ne le sait précisemment.

Il faut savoir que lorsque nous connaissons un deuil, notre état mental est très affecté. Il y a beaucoup d’étape dans le deuil, dont l’une d’elle, le déni.

Ce déni puise parfois dans les croyances pour jouer des tours à notre imagination et nous voyons des signes, nous pouvons avoir une sensation de présence. Notre cerveau est très très fort, il peut faire des choses incroyables… Et lorsque l’on sait que l’on en utilise que 10% consciemment… Ca laisse de la place pour beaucoup de chose…

J’ai beaucoup lu, je me suis beaucoup documentée et rien ne m’a montré aucune preuve de quoi que ce soit. Tout est critiquable car basé sur des souvenirs de rêves, des interprétations etc. etc.

Dans tout les cas, déni ou pas, éducation religieuse ou spirituelle ou pas, peu importe.

Si vous pensez que cette petite plume a été déposé par votre enfant pour vous, et bien c’est une douce pensée. Moi quand je trouve une petite plume, je pense à ma Liah car c’est doux comme elle.

Quand je vois une fleur tout juste éclose, je pense à ma jolie Liah, qui n’a qu’à peine effleurée la vie…

Quand je vois un nuage, un caillou, une patate, une tartine…  en forme de cœur, je trouve que l’amour c’est beau et que j’aime ma fille et mon fils plus que l’infini et que ce sentiment est terriblement puissant.

Quand je vais à la mer, j’écris son nom dans le sable et c’est comme si elle était un peu là, sur cette terre là. Avec cette eau qui mouille mes pieds et ce vent qui souffle dans mes cheveux. Comme si écrire son prénom la matérialisait.

Je ne crois absolument pas que ça soit des signes venant de ma fille disparue. J’interprète la vie autour de moi en fonction de qui je suis et j’essai de voir le plus joli en chaque chose. Bien sûr, je ne parle pas d’esthétique mais de choses vraies, profondes, émouvantes…

Tout cela, je le fais pour moi. Pour avancer ici. Parce que c’est ici que je suis et peut être que je n’irai nulle part d’autre… On doit continuer de vivre cette vie « en vrai », on doit le décider et agir pour.

C’est ce que je pense.

On ne fait pas son deuil en se racontant des histoires. C’est une chose sérieuse le deuil. On ne peut se mentir à soi même bien longtemps. Il n’y a qu’une façon de faire son deuil, le faire à sa façon.

On peut être plutôt rêveur, optimiste, réaliste, froid, enflammé, pessimiste, triste, gai, ou déprimé, mais il faut s’écouter soi même. Se remplir de l’amour, re créer le lien qui peut s’être distendu avec notre cher enfant disparu, de la manière qui nous convient.

Mais dans tout les cas, il ne faut rien imposer aux autres.

Nous savons que nous ne savons rien. Je crois que c’est un petit début de sagesse inspiré semble t il de Socrate :

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien, tandis que les autres croient savoir ce qu’ils ne savent pas. »

Pour moi, ça en a était terminé des questionnements sans fin que je connaissais…

Fini de lire encore et encore sur le sujet en ayant toujours autant de questions… Quête stérile, frustration, culpabilité de ne pas réussir à croire, perte de temps… Que des émotions négatives…

J’ai compris que la réponse n’était pas dans les livres… Je crois que le réel questionnement n’est pas de savoir où sont réellement nos enfants… Ce qu’il y a dans l’au-delà s’il y en a un, etc.

La vraie question c’est : comment vivre sans notre enfant ? Comment vivre avec la mort au quotidien ? Comment décidons nous de vivre à partir de maintenant ?

Pour moi, ça a été de me dire que je vivrais dans « l’ici et maintenant ». Que « Demain n’existe pas » alors il faut profiter de chaque instant et ne pas trop compter sur les projets. Juste compter dessus comme il faut. Zen. En prenant un maximum de recul sur les choses, pour être moins impactées s’il y a déception. En me protégeant. Comme une personne blessée…

J’ai évidemment croisé dans mes recherches de sacrés arnaqueurs, des vauriens…

Car oui, tout ce qui a trait à l’au delà, est très largement détourné par des personnes malhonnêtes qui se nourrissent de la détresse des autres. Soyez plus que tout vigilants, et vigilants pour vos proches… Il est tellement facile de tomber du côté obscur…

Telle une drogue dans laquelle on peut noyer tout les chagrins, les belles illusions peuvent réellement provoquer l’effet d’un shoot… Mais c’est artificiel. Ca n’est pas la réalité, il faut le savoir.

Nous sommes tous libres de choisir nos dépendances, même si c’est guidé par notre essence même, sans que cela devienne pathologique et/ou addictif.

Et si votre éveil spirituel vous a guidé sur un chemin plus proche des étoiles, si vous avez la douce conviction que nous ne serons séparés que le court instant du reste de cette vie là, et bien je respecte tout à fait cela et je suis heureuse pour vous.

Moi, j’ai trouvé un peu de sérénité en arrêtant de me questionner, et ça m’a fait le plus grand bien.

J’ai décidé de patienter jusqu’à la fin du roman de ma vie pour savoir, sans essayer de lire la dernière page…

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