C’est tout sauf du virtuel…

Cela fait un petit nombre d’année maintenant, que le virtuel, ça me connait !

Forum, (t)chat, blog, tutoriel, album photo, annonce en ligne ! On trouve tout en ligne. Bien avant twitter, Facebook, le bon coin et compagnie !! C’est que je commence (presque) à devenir une ancêtre ! Digital Mom avant l’heure!

Ca a réellement commencé lorsque j’ai emménagé après mes études, dans une ville un peu loin… de tout ! Pas d’ami dans le coin, un peu de solitude. Pleins de beaux projets : Voyage, maison, bébé, mais pas de copines pour les partager.

Alors me voici à pianoter sur la toile, l’envie d’un bébé grandit, le net fourmille de tout pleins de choses à ce sujet. De quoi répondre à toutes mes interrogations. Je tombe sur un site, qui a un forum et je découvre toute une communauté, surtout des nanas, qui se posent… Ba les mêmes questions que moi !

Je m’inscris, et c’est là que l’aventure commence, on a le désir d’enfant en commun. Après une journée de travail, on se retrouve à papoter de tout de rien, de la futur chambre de bébé, de nos psychotages sur nos cycles… Et pas mal de rigolade !

On ne se voit pas « en réel » mais ce que l’on partage est tout sauf virtuel ! digital-mom-11411.jpg-11411-260x260

Quel souvenir, le jour de mon premier test de grossesse ! Et le jour de mon départ à la maternité ?! Récemment, j’ai pu imprimer noir sur blanc (ou noir sur rose je devrais dire) ces derniers instants de doutes, de peur, d’excitation que j’ai partagé avec ces amies, le temps que le papa rentre du travail pour m’emmener à la maternité !

Je n’étais pas seule et à des centaines de kilomètres, des petits cœurs s’accéléraient et des yeux brillaient sous le coup de l’émotion. C’est virtuel ça ?

Certes avec l’arrivée de Liah, un peu moins de temps sur l’ordi, mais on apprend aussi à taper avec une seule main, histoire de pouvoir papoter en continuant à allaiter ! Toujours sur le net pour profiter des derniers (super) bon plan et partager les p’tites joies du quotidien et aussi les p’tites angoisses.

Ça a toujours parut un peu bizarre à mon entourage, c’est comme tout, quand on y est pas, on ne saisit pas LE truc. Mais pour moi, mes « copinautes » comme disait Liah, ont toujours beaucoup comptée. Je me suis d’ailleurs parfois faite engueulée par la miss ! « Maman, lache l’ordi ! » Oui, j’avoue tout !

Et aujourd’hui… Comment vous dire… O combien je ne suis pas déçue ! Depuis 1 an, vous êtes derrière moi les filles. A chaque chute une main m’est tendue. Je ne mesurai pas à quel point j’avais la chance de vous connaître!

Quelle émotion, quand en ce sinistre jour de décembre où j’ai mis ma fille en terre, j’ai découvert une magnifique composition de fleur pour mon ange, il n’y a pas de mot. Et ce cœur si précieux, que je porte contre mon cœur… Et tant d’autres choses.

Je sais que vous portez Liah fort dans votre cœur, qu’à sa façon, elle a fait votre connaissance. On peut parler de virtuel autant qu’on veut, le soutient et l’amour que vous m’apportez chaque jour est bien réel et o combien vital.

Je vous embrasse toute bien fort…

Mon marathon quotidien…

Je n’ai jamais été très sportive… Un footing de temps en temps, un cours de gym par ci, un cours de danse par là…

Autant dire qu’il me faudrait une très grosse préparation si je devais faire un marathon… Et pourtant…

C’est bien ce que représente chaque journée de ma vie à présent. Je prends le départ chaque jour jusqu’à atteindre la ligne d’arrivée… Et le lendemain,  tous recommencer…

Il y a plusieurs épreuves qui composent ce marathon, et parfois, même si c’est un peu de la triche, je prends un bonus pour en éviter certaines. C’est parce que je sais que je serai plus forte pour les affronter le lendemain… Ou le sur lendemain… Ou une prochaine fois.

Parfois on court sans penser à rien, tous glissent. Parfois, on a la niak, et on court pour tout semer derrière soi. Et parfois, on traine la patte, ça n’en finit pas…

Voilà ce qui donne une idée de la nature différente de mes journées. Un peu comme un cycle… Je ne peux pas toujours avoir la niak, trop épuisant et lorsque je me traîne trop, je ne supporte pas longtemps non plus.

On dit « un jour à la fois ».

Oui, bien heureusement… Vous vous imaginez prévoir un marathon par jour pour la prochaine semaine ? Comment y parvenir ? Non, il vaut mieux ne pas y penser. Juste regarder devant moi. A quelques mètres la ligne d’arrivée…

J’en approche pour aujourd’hui

A bout de souffle…5341352103881

Le temps passe…

 

Bientôt 1 an qui me sépare de ma princesse. Autant dire une éternité… A présent, ça sera toujours cette mesure qui servira à compter le temps qui nous éloigne toute les deux… Une éternité.

Et pourtant, et bien c’était hier. Hier que je la serrai encore dans mes bras, hier qu’elle dormait tout près de moi sa petite main dans la mienne, hier…OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le temps passe, il n’y a rien à faire, mais moi, j’en suis encore à hier. Comment quitter cela sans la quitter elle ? Avancer, oui, mais à l’opposé de Liah ? Alors j’avance à reculons, en tendant fort ma main et mon cœur vers elle, vers hier… Le regard en arrière, ne voulant pas la quitter des yeux… Mais un pas après l’autre, à reculons mais bien dans la direction de la vie, ma main fermement accrochée à celle de Mahé.

Dans 12 jours aura lieu ce macabre anniversaire… Je ne sais pas encore si ce jour sera plus dur qu’un des 364 jours précédents. Peut être bien… Ou peut-être pas…

Peut-être pas, car ce jour-là, je ne peux me résoudre à ne penser qu’à la noirceur, que cet « accident » à amener dans ma vie… Dans nos vies. C’est une journée où il faut que je me batte plus fort encore, pour que ça soit l’éclat de mon étoile qui éblouisse cette noirceur.

Il ne peut en être autrement. Liah restera toujours un trésor magnifique que rien ne doit assombrir…

Son absence est intolérable. Le manque palpable tellement il est présent à chaque souffle, chaque seconde de ma vie. Et pourtant, ce manque il faut que je le remplisse ce jour-là ! Pas pour faire « comme si », je ne me leurre de rien. Mais pour faire honneur à sa vie. Elle aura beau avoir été courte, on ne pourra jamais dire qu’elle a été petite.

Et encore aujourd’hui, elle vit à travers chaque personne qui l’a connu et qui pense à elle. Qui a partagé sa gomme avec elle, qui a subit ses assauts de guili, qui s’est vu offrir un diamant par Liah, qui a senti son cœur battre contre le sien lors d’une sieste improvisée, qui a partagé fou rire et disputes fraternelles, partagé un « gangnam style » endiablé et tant et tant d’autres choses…

Pourvu que longtemps elle reste dans vos pensées, mais je lui fais toute confiance. En réalité, je crois qu’elle n’a pas vraiment besoin de moi pour cela…

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Aujourd’hui, j’ai un petit quelque chose à vous demander… A ceux qui le veulent et qui le peuv

ent, j’ai une petite idée qui pourrai remplir cette journée, d’un peu d’émotion positive. Car je crois qu’il va m’en falloir pour contrer la tristesse.

Ce serai un joli cadeau, si cette journée-là, je recevais une photo de Liah que je ne connais peut être pas… Le récit d’un moment privilégié que vous avez passé avec elle. Un bon mot dont vous vous souvenez, une anecdote… Que sais-je encore… Mais chacun fera avec sa sensibilité, 2/3 messages et je serai déjà plus que ravie !

Ce jour du 2 décembre, j’aimerai proposer encore quelque chose à ceux qui le veulent. Ce soir-là, aux alentours de 18h, nous pourrions, chacun de chez nous, laisser s’envoler une lanterne volante en souvenir de toute cette vie que Liah portait en elle… Tout cet amour qu’elle a donné et qu’elle donne encore aujourd’hui de par le monde.

Une bulle de lumière qui s’envole vers le ciel…

Et si vous avez l’envie de capturer cet instant d’émotion pour le partager avec moi, ça sera avec un immense plaisir.

8 mois plus tard…

 

Les anniversaires restent indéniablement des dates qui nous marquent…

Des dates que l’on célèbre, que l’on fête, que l’on oublie parfois, des dates auxquelles on se recueille…

Le 17 mars dernier était une date très à part. Il y a 8 mois, c’était la première fois que je fêtai le jour de naissance de Liah… Sans elle…  Elle aurait eu 7 ans et comme chaque année depuis que je l’ai mise au monde, j’ai fait de cette journée, un jour unique, un jour dédié à ma princesse.  Cela a été moralement très difficile à organiser et en même temps un vrai « plaisir », car je faisais quelque chose pour elle… Encore…

Je ne pouvais m’adonner à la tristesse de tout ce que je ne pourrai pas faire ce jour-là avec elle. Je devais chercher en moi les ressources pour me creuser encore plus la cervelle afin qu’elle ait, encore une fois, la meilleure journée possible.

Cette journée là avec ses amies, les miens et notre famille, nous avons fait un lâcher de ballon dans le ciel de Genté. Toutes ces bulles d’amour qui s’envolaient vers le ciel, c’était très joli… C’était léger et coloré. C’était pour Liah.

Nous avons accroché des rubans, des petits messages et des cartes que j’avais confectionnés en souvenirs de ce jour avec mes coordonnées.??????????????????????

Et bien il y a quelques jours, un homme dans le nord du Cher, à près de 300km de chez nous, se promenez sur son terrain. Un endroit assez isolé, loin de toute habitation où il aime bien emmener sa famille afin de se ressourcer. Au milieu des vignes et arbres fruitiers il trouve une petite carte…

La carte de notre belle étoile Liah ! Ils m’ont adressé ce message et je les en remercie de tout mon coeur:

« Très touchés, nous voulons vous adresser, même si on ne se connait pas, toutes nos marques de sympathie et vous souhaitons beaucoup de courage dans ces moments de grande tristesse.

Malgré tout le petit ballon accroché à la photo de Liah a fait beaucoup de kilomètres depuis chez vous. C’est sûr, elle s’est envolée pour retrouver les anges. »

Ce mail me donne l’impression que j’arrive, quelque part, à la faire vivre encore…
Liah suscite encore des émotions, rencontre des gens… Enfin, des gens la rencontre en tout cas…

On peut penser que ça ne sert à rien, à rien du tout… Je me dis souvent « à quoi bon? » A quoi bon ce blog, à quoi bon ce livre, à quoi bon ma vie…

Et puis parfois, je me dis, pour ça…
Pour qu’elle brille encore plus fort que toute les étoiles!
Qu’elle danse plus haut dans le ciel!
Qu’elle traverse les océans de Tahiti au Canada!

Elle en fait du chemin ma princesse…
Même si ça n’est que dans l’esprit des gens malheureusement, et que tout cela ne me la ramènera jamais.

Mais chaque année, je pense renouveler cette petite aventure. Un instant de partage et d’émotion plein d’amour, en souvenir de toute les couleurs que Liah a mis dans nos vie…

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Le deuil périnatal

deuil-périnatalAujourd’hui, je voudrai consacrer mon article tout spécialement aux paranges.

Parange, vous ne connaissez pas ? Ce sont les mam’ange et pap’ange, maman ange ou papa ange… Les parents de petits anges montés au ciel.

En général, c’est un terme que l’on peut donner à tous les parents endeuillés, mais moi, je ne me considère pas comme une mam’ange. Certes je suis une maman, ma fille est devenue un ange, mais ça ne fait pas tout. Mon ange a eu la chance de croquer la vie  pendant plus de 6 ans avant d’enfiler ses ailes…

Je l’ai entendu pleurer à sa naissance, j’ai subi les nuits blanches interminables, les rigolades dans le bain, j’ai vu ma fille découvrir le monde, j’ai des milliards de souvenirs avec elle et nombre de personnes l’ont connu.

J’ai pu être sa maman tout ce temps, et quelle chance j’ai eu !

Et bien les paranges, ce sont les parents qui n’ont pas eu cette chance là… Ils ont été maman et papa d’un petit être en devenir, un bébé d’amour au creux du ventre de sa maman pendant 2 mois, 6 mois, 9 mois parfois… Mais ils n’ont jamais entendu le son de la voix de leur bébé… seul le silence était là au moment de l’accouchement et ce qui doit un être un moment de joie intense se transforme en cauchemar sans nom…

Parfois annoncé lors d’une échographie… Parfois découverte à la naissance, cet instant reste gravé à tout jamais dans leur mémoire…

Aujourd’hui je pense à ces parents, car sur mon chemin, j’en croise malheureusement beaucoup… Bien sûr chaque deuil est différent, nous avons tous notre chemin personnel à parcourir, mais je remarque que ces parents-là mènent un combat à part… semblable au mien et à la fois tellement différent. On se bat pour faire vivre nos enfants ! Encore et encore ! Mais cela,  sans même que je fasse rien, Liah de part ce qu’elle a laissé en chaque personne qu’elle a rencontrée, existera toujours par elle-même !

Mais ces petits bébés d’amour ? Qui portera leur mémoire ? La société autour, nous pousse toujours à avancer plus vite, à tourner la page. Qui pensera encore à la date anniversaire de ces bébés ? Ces paranges entendent des choses horribles autour d’eux « Au moins, tu ne l’as pas connu, c’est moins dur », « Allé, tu en refera un autre ! » etc etc…

NON, ils ne referont jamais ce petit bébé là! Et OUI, ils l’ont connu ! Désiré, imaginé même, pendant quelques mois de magie…

Voilà, je voulais rendre hommage aux par’anges, car vos enfants existent, ils ont fait de vous des papas et des mamans, certes pour très peu de temps, mais ils vous ont apporté de l’amour et c’est cela qui est plus fort que tout ! Je sais que vous vous sentez si seuls et incompris par le monde autour, le monde oubli si vite… Votre enfant vous manque et souvent vous n’avez que le néant à pleurer, le rêve de ce qu’aurai été l’avenir… Pleurer des souvenirs qui n’auront pas lieu…

Parfois vous l’avez pris dans vos bras, pris en photo… Parfois cela n’a pas été possible… Mais toujours il y a eu de l’amour…

Ce petit être d’amour a fait de vous des parents, des par’anges, pour toujours. Vous n’avez pas rêvé, votre enfant a existé et il existera toujours dans ce monde et dans vos cœurs. Il vit à travers vous !

Tendre pensée à vous tous

Une sortie pleine de souvenirs…

Aujourd’hui, journée un peu spéciale, ballade à Ikea Bordeaux pendant que Mahé est à l’école. C’est un peu The sortie shopping, car ça n’est pas avec les boutiques qu’on a par chez nous qu’on se fait plaisir !

Mais comme un peu tout ce qu’il y a dans ma vie aujourd’hui, ça me rappelle tout un tas de souvenirs en lien avec Liah… 

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Le tout premier objet Ikea à être entré dans notre maison, je crois bien que c’est « un phare » coloré, un jeu en bois à empiler, offert par sa nounou. Si mes souvenirs sont corrects…

Puis ont suivies toutes ces heures de recherche en magasin du petit meuble qui sera chouette dans sa chambre, une turbulette toute douce avec de jolies couleurs, une tente « igloo » qui va prendre toute la place dans le salon, un joli voilage pour mettre au-dessus de son lit, de petits accessoires de cuisine pour faire des biscuits avec maman, les petites marionnettes à doigts, les petits trains en bois… Et ses yeux émerveillés à la découverte de tout ces trésors à notre retour!

Le temps s’évapore un peu là-bas, on se laissait parfois un peu débordés et nénette nous attendait un petit peu plus longtemps que prévu chez Nounou… Oups !

Et puis c’est arrivé aussi qu’elle vienne avec nous ! Ikea avec un enfant dans les pattes ça n’est pas de tout repos !!!
D’ailleurs je déconseille vivement ! Parce qu’en plus que ça soit un peu pénible, et bien vous risquez de le perdre ! Car pour un enfant, un magasin est d’ordinaire un beau terrain pour jouer à cache-cache. Mais alors Ikea, c’est le must en la matière. On y retrouve même parfois quelques adultes égarés, c’est pour dire !

Et c’est sans compter en plus, avec l’esprit facétieux de la miss ! Un jour, elle devait avoir 2/3 ans, on tourne le dos 1s et hop, plus de Liah à l’horizon ! Panique au rayon rideau !! On s’affole, on cherche à droit à gauche, RIEN !

Ça a quand même duré un petit moment cette histoire… Quand on entend soudain un petit rire microscopique de canaille… Liah n’avait pas trouvé mieux que de se planquer allongée entre deux étagères basses et elle attendait là, tranquillement installée et sans bruit surtout!

Très bonne cachette, j’avoue ! Bonne trouille, mais en même temps super rigolade de voir comment elle nous avait bien eu en faisant sa coquine !

Et bien aujourd’hui, elle n’était pas là pour nous faire tourner en bourrique. Nous donner par la même occasion quelques anecdotes rigolotes à classer dans notre mémoire… Et puis, et bien ça n’arrivera plus jamais. Ne reste que ces souvenirs-là auxquels rien ne se rajoutera plus désormais.

Pourtant à Ikea, il y a encore pleins de nouveautés qui lui aurait beaucoup plu…
Un chouette ensemble de meuble blanc et rose qu’elle aurait adoré ! Et puis de nouveaux cadres blancs avec des papillons qui s’en détachent en relief… De jolies ailes de fées pour voleter tout partout… Je parie même qu’elle aurait encore voulu changer de lit en voyant tous ces modèles de chambre de fille…
Mais tout ça c’est bel et bien fini…

Alors j’ai acheté des cadres photos pour y mettre de jolies photos d’elles, une lanterne avec des étoiles pour mettre près de sa tombe, de jolies bougies…

Parce que je ne pourrai jamais arrêter de penser à elle de cette façon-là et d’être cette maman là… Elle sera toujours ma princesse et je voudrais toujours la gâtée… Trouver le p’tit truc qu’elle aurait aimé…

Je crois que je ne me ferai jamais, à la façon dont je dois le faire à présent… Mais je le fais, et l’espace de quelques secondes, malgré tout, malgré le fait que ça peut paraître ne pas avoir de sens, je suis contente de pouvoir le faire encore…

Une nouvelle famille…

 

Ce soir, je pars d’un constat simple, nous avons tous une famille…
A laquelle on est unis par les liens du sang, par une amitié, par une passion commune ou que sais-je d’autre…
Nous appartenons à des groupes, et cette appartenance nous fait sentir moins seul…
L’homme n’a pas l’air d’être fait pour être seul… Vraiment pas… Même lorsqu’il croit l’inverse.

Chaque « famille » à laquelle nous appartenons, a sa fonction.
Besoin que notre tribu de copine nous entoure lorsqu’un rocher s’échoue sur notre chemin de vie. Besoin d’un retour aux sources en famille en certaines occasions. Etc…

Depuis ces nombreux mois, qui me séparent désormais de ma princesse, je me suis découverte une nouvelle famille.
Une bien trop grande famille, dont le nombre de membre n’en finit pas de s’agrandir…
La famille des endeuillés.

Sans le savoir, des personnes près de moi faisaient partie de cette famille sans que je le sache…
Et d’autre, que je ne fais habituellement que croiser, viennent à moi et me signifie que nous sommes de la même famille…
Force est de constatée qu’on se « reconnait » entre nous…

Lorsque 2 sœurs discutent ensemble, que 2 frangins blaguent, il y a tant de vécu en commun que parfois, les gens autour, si proche soient-ils, ne saisissent pas la subtilité d’une remarque…
Et bien lorsque je rencontre quelqu’un touché par un deuil, l’intensité de l’échange est à part également… Dans le ton de la voix, il y a tellement de choses qui passent… Je ne ressens nul besoin de mentir, nulle demande de la personne qui prend de mes nouvelles d’être rassurée par un sourire et un « ça va »…

Non. Implicitement, elle accepte alors que j’aille mal. Elle reconnait la souffrance qui se cache juste en dessous et sait qu’elle cohabite avec ce sourire que l’on voit, bien que ces deux émotions soient à l’opposé. Cette personne le sait, elle l’a vécu…

Au quotidien, je me sens à la limite de la maladie mentale, tant j’ai l’impression d’être morcelée… Cette reconnaissance participe à se dire que non, je suis toujours une seule personne… La même personne qu’il y a 11 mois et 9 jours. Différente, mais la même.

Et surtout, on n’a pas peur de « me faire penser à ça » en parlant avec moi ! Une personne qui a connu le deuil sait que ça occupe 99% des pensées et bouffe autant d’énergie…

J’avoue que c’est assez déroutant lorsque cela se produit, je ressens une grande sincérité des mots, un agréable étonnement. Ça me coupe le souffle, et juste après je ressens la bouffée d’oxygène que cela m’apporte. Bon, lorsque que l’on a le souffle coupé, difficile de parler en même temps et de trouver les bons mots… Pourtant, dans mon esprit, ça se bouscule…

La tour où je suis est toujours aussi haute, mais j’ai découvert un immense labyrinthe d’escalier en colimaçon qui mène à la sortie. Il y fait très noir… Mais il y a une sortie, on me l’a affirmé… seulement, les ténèbres de l’obscurité règnent en ce lieu et il est bien difficile de trouver son chemin…
Surtout qu’il y a parfois des marches cassées sur lesquelles nous ne pouvons compter…

Et bien ces rencontres du quotidien, aussi fugaces soient-elles, allument une petite lumière au bord de ce chemin, de mon chemin… Je me sens allégé d’un petit poids, et si infime peut-il paraître, il a son importance pour moi. Je ne peux que le constater…
C’est un peu ça une famille, se soutenir les uns les autres…

Merci à toutes ces personnes, rencontrées à travers l’écran ou dans la vie.
Aux personnes que je découvre et re découvre et qui me guide sur le chemin, le temps de trouver la sortie…

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« C’est beau une main tendue vers…
Non pour prendre… juste donner
Une main caresse sur un front fatigué
Une main fraîcheur sur un coeur brûlé
Une main douceur sur un corps brisé
C’est chaud une main ouverte
Aux armes qui s’y déposent
Aux larmes qui s’y reposent
Aux cris qui s’y posent
C’est cadeau
Une main offerte !
On n’est jamais heureux
que dans le bonheur qu’on donne.
Donner c’est recevoir »

L’abbé Pierre

J’ai compris quelque chose

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Ce soir, j’ai envie de vous parler du deuil…
Ah, ça ne commence pas gaiement, il est vrai. Mais il est bien question sur ce blog de la mort, même si ce mot peut rester aussi tabou que l’on veut…

C’est peut être mon milieu professionnel qui veut ça, ou juste ma nature, mais les mots, quels qu’ils soient, ne me font pas peur. Souvent, les enfants me rejoignent sur ce point.

On perd la chair de sa chair et on entend parler de faire son deuil, qu’il faut du temps pour ce genre de chose, qu’il faut avancer…

« Faire son deuil » FAIRE – SON – DEUIL
A-t-on inventé cette horrible expression pour rajouter à notre douleur ?
Il faut tourner la page ? Tirer un trait sur le passé ? Revivre ? Oui parce qu’il y a encore mon fils, alors pas le choix ?

Parce que moi, quand j’entendais cela, 11 mois en arrière, c’est comme si on me poignardé en plein cœur, mon cœur déjà en miette. Car j’avais l’impression qu’il était bien question de tourner une quelconque page… L’horreur totale !

Alors, euh… On fait comment un deuil ? On attend que le temps (parait-il un allié précieux…) passe ? On range la chambre ? On retire les photos ? Ou faut les garder ? Les cacher ?

On fait quoi ????? Personne ne sait… Et malgré l’horreur que cela m’inspire, je fais regarde à droite à gauche, le net, les livres, les pro, c’est peut être moi qui suis dans le faux après tout…

Bien compliqué dans ce monde qui cache si bien ses morts de trouver une explication ! Mais heureusement, quelques personnes ne se découragent pas de notre société et font des recherches plus poussées pour aider des personnes comme moi, peut être comme vous.

Le docteur Fauré apporte une aide précieuse dans ce domaine et récemment, certaines choses qu’il a dites ont raisonné en moi d’une façon un peu spéciale.
Peut être le comprendrez-vous.
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Voici ce qu’il dit en synthèse :

« Prenez un livre, très poignant. Un livre qui vous fait ressentir une émotion intense à chaque page. La plus belle histoire d’amour au monde ! Vous le lisez, vous êtes bouleversé, transporté…
1 semaine après, vous le relisez, trouvez de nouveau passage, des détails que vous n’aviez pas remarqué, toujours la même émotion, intense très intense, vous pleurez…
1 fois, 10 fois, 1000 fois le même livre.
Que se passe-t-il à la 1000ième une fois ?

L’émotion n’est pas si intense, vous êtes émus par certains passages, l’émotion est forte en vous sans qu’elle vous submerge.

Pas une virgule n’a changé, pas un mot n’a changé. Il n’est donc pas question d’oublier quoi que ce soit (ouf ! Faire son deuil, n’est donc pas une histoire d’oubli !)

On a au contraire intégré l’histoire, en revenant dessus encore et encore. On a usé progressivement, non pas l’histoire, mais la charge émotionnelle, qui rend le livre si bouillant quand on ne l’ouvre jamais. »

Alors moi, je vais continuer à tourner les pages de mon livre… Revenir au début pour recommencer, encore et encore. Car en reculant de cette manière, contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est bel et bien avancer !

Quelque part, je m’en doutai, je le ressentais…
Ca n’est pas en t’oubliant Liah chérie et en ne parlant pas de toi que quelque chose va s’arranger, que la douleur va diminuer!
Au contraire, j’ai besoin de toi, encore et encore!
De te raconter, de continuer à t’aimer… Toujours…

Car faire son deuil, c’est cela, je l’ai compris.
Pensé à toi et qu’à cet instant là, l’amour prenne le dessus sur la douleur…

Comme je t’aime mon coeur, mais… je n’y suis pas encore…

Et voici le lien de la conférence complète du Dr Christophe Fauré, pour les personnes intéressées :

Le passage dont je parle se situe vers la 35ème minute.