Hurler en silence…

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Je me rends compte qu’il est difficile pour l’entourage, pour toutes sortes de raisons, qui s’entendent tout à fait, de me côtoyer… Moi qui fait partie à présent de la (trop) grande famille des parents endeuillés…

Au gré de mes pérégrinations sur le net, ou de livre parcouru, j’ai lu différentes choses… Appris différentes choses sur le « deuil »… Des choses que l’on ne souhaite jamais connaître… Qui nous sont imposées… Je voulais partager avec vous ce texte, qui est en fait un petit condensé de plusieurs textes que j’ai pris la liberté de remanier. Ces choses je les ai écrites aujourd’hui, mais parfois on aimerait réellement les hurler!!!

1 mois, 3 mois, 1 an nous séparent du départ de notre enfant…

Ne nous demandez pas si nous avons surmonté la perte de notre enfant… Nous ne le surmonterons jamais…

Nous, parents en deuil, avons besoin des autres… Bien que nous ne soyons pas faciles à vivre, nous aimerions rencontrer de la compréhension dans notre entourage… Nous avons besoin de votre soutien…

Nous aimerions que vous n’ayez pas de réserve à prononcer le nom de notre enfant mort, à nous parler de lui… Il a vécu, il est important pour nous, nous avons besoin d’entendre son nom, alors… ne détournez pas la conversation… Cela nous serait doux et nous ferait sentir sa mystérieuse présence…

Si nous sommes émus, en larmes, ce n’est pas que vous nous avez blessés… C’est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque ! Merci à vous de nous avoir permis de pleurer car à chaque fois, notre cœur guérit un peu plus.

N’essayez pas d’oublier notre enfant… Ce serait, à nos yeux, le faire mourir une seconde fois…

Ne comptez pas que dans un an, nous serons guéris… Nous ne serons jamais ex maman ou ex papa… Nous apprendrons à survivre à sa mort malgré l’absence.

Ne nous proposez ni médicaments, ni alcool… Ce ne sont que des béquilles temporaires. Le seul moyen de traverser un deuil, c’est de le vivre. Il faut accepter de souffrir avant de guérir.

Le deuil rend vulnérable aux maladies et aux accidents. Le corps consomme beaucoup plus d’énergie que d’habitude… On peut prendre du poids, en perdre… Dormir comme une marmotte ou devenir insomniaque…

Sachez que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou est tout à fait normal pendant un travail de deuil…

Dépression, colère, culpabilité, frustration, désespoir et remise en cause des croyances et des valeurs fondamentales… Essayez de nous accepter dans l’état où nous sommes momentanément, sans vous froisser.

Le deuil transforme une personne. N’attendez pas que nous revenions comme avant, vous serez sinon, toujours frustrés. Nous devenons de nouvelles personnes, avec de nouvelles valeurs, de nouvelles aspirations…

Dites-nous simplement, que vous vous souvenez de notre enfant, que vous vous rappelez de lui. Laissez-nous parler de lui…

Mentionnez son nom… Pas pour nous faire plaisir, mais avec la pleine conscience qu’il sera toujours notre enfant et qu’il existe réellement, même s’il est mort… Et qu’il est donc normal de parler de lui… Et de le pleurer aussi…

Nous sommes normaux… Merci…

« Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. » Margueritte Duras

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5 commentaires sur “Hurler en silence…

  1. C’est tellement vrai..
    J’aimerais parfois pouvoir crier cela autour de moi, mais ce n’est pas facile.
    Cela ne fait pas 2 mois qu’elle est partie, nous devions fêter ses 6 ans hier. Que la vie me semble difficile ces derniers jours. Elle me manque tellement, je n’arrive pas à me faire à son absence.

  2. Un très beau texte. Mon mari et moi l’avons distribué autour de nous quelques mois après la mort de notre fils A. (il y a bientôt 8 ans) pour aider nos amis et proches à comprendre… Et leur dire aussi combien leur présence et leur affection nous étaient précieuses.
    Je suis tombée récemment sur cette vidéo : http://www.alloleciel.fr/article/crier-lorsquon-mal. J’aime beaucoup la fin.
    Avec vous sur ce chemin,
    Cécile

  3. Nous sommes normaux, mais nous sommes devenus aussi tellement différents. Notre enfant nous manque cruellement. On ne comprends pas pourquoi : pourquoi eux et pas nous ? Ce n’est pas l’ordre naturel des choses. C’est un chemin très difficile que de survivre à son enfant. Un pas en avant, deux pas en arrière… Et combien de temps cela va-t-il durer, ce manque ? Dans combien de temps, allons-nous le rejoindre, et le rejoindrons-nous ? Y a-t-il quelque chose après ? On est obligé de le croire, parce qu’y croire c’est retrouver notre enfant. Le mien s’appelait Douglas, il est mort le 12 janvier 2011 d’un cancer, il avait 25 ans et ma vie n’est plus rien sans lui.

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